"Mais... à quoi ça sert?"

C'est une question qui revient à chaque fois que j'explique à quelqu'un élever un cheptel de Soays... Je ne vais pas m'étendre ici sur mes motivations personnelles, mais vais néanmoins tenter d'expliciter les raisons qui pourraient amener un particulier vers cette belle occupation (et celles qui n'en sont pas).

La laine

Qui dit "brebis", pense tout de suite "laine". Et bien avec le Soay, vous serez déçu! Le Soay est un ovin de taille relativement menue (20 à 30 kg pour un adulte), la surface laineuse est donc plutôt restreinte. Certes vous pourrez tondre votre Soay en début d'été si vous y tenez, mais la quantité de laine ainsi collectée permettra difficilement une opération commercialement rentable. Il est à noter que la tonte du Soay n'est, en principe, pas nécessaire, dans la mesure où celui-ci délaine naturellement (voir page sur le délainage).

La viande

Comme pour la laine, on rencontre ici la même limitation: la quantité de viande sur un Soay est faible, étant donné leur poids. En plus, de par leur ligne svelte, une carcasse de Soay paraitra toujours rachitique en comparaison avec une brebis à viande. Ceci dit, certains éleveurs semblent exploiter le Soay pour sa viande. Même si la quantité n'est pas nécessairement au rendez-vous, le goût serait (nous a-t-on dit) intéressant, proche du mouflon sauvage.

Le lait

Le Soay n'est clairement pas une brebis laitière - la quantité de lait dont dispose la brebis suffit à l'élevage de son agneau, sans plus. Par ailleurs, le Soay est un animal extrêmement méfiant, voir farouche, et se laisse difficilement approcher. Nous ne saurions donc imaginer la difficulté de l'exercice quotidien nécessaire à la traite d'un sujet Soay.

L'entretien des espaces verts

C'est ici que le Soay excelle. Rustique, il se contentera de n'importe quel terrain, pourvu qu'il ne soit pas complètement marécageux, et s'alimentera de toute végétation qu'il y trouve, même ligneuse. Très agile, il s'adaptera parfaitement même en milieu fortement accidenté, et grace à son poids plume, il pourra entretenir des terrains peu fermes sans les endommager (entretien de berges, digues...). Le Soay mange de tout - ce qui est un avantage, mais parfois aussi un inconvenient: herbes, ronces, fleurs, lierre, tout y passe, pour peu que ce soit à portée de museau. Par contre il ne grignote pas l'écorce des arbres (contrairement aux chèvres par exemple). Comptez 6 à 10 animaux par hectare, à ajuster en fonction de la productivité en herbe du terrain et de votre volonté à effectuer d'éventuels apports en fourrage.

Observation... et relaxation

Certains affectionnent les poissons d'aquarium. D'autres préfèrent les oiseaux en cage. Et il y a ceux qui s'adonnent durant des heurs à l'observation du Soay. Une erreur serait de le considérer comme un vulgaire animal de compagnie. Le Soay est davantage un colocataire qui habite votre terrain. Il a ses préoccupations quotidiennes, ses humeurs, ses loisirs, ses chagrins...

L'art de la conversation

Enfin, le Soay est un formidable compagnon de conversation. Qu'il s'agisse de sujets philosophiques, culturels, ou encore politiques, le Soay aura toujours son avis, mais saura aussi écouter le votre avec beaucoup d'attention. Et il se fâche rarement.